Antiquaires et numismatique
Ces dernières années, l’intérêt pour les origines de la numismatique a fortement augmenté dans le monde entier. Après tout, la numismatique est à l’origine de nombreuses sciences antiquaires. Depuis le XVIe siècle, les livres sur les monnaies se trouvaient dans les bibliothèques de toutes les personnes cultivées. Une exposition, organisée par Bartosz Awianowicz, leur est consacrée à Torun.
Torun et la numismatique
Le nom de Torun, également appelé Thorn en Allemagne, a bonne réputation parmi les collectionneurs de monnaies. Non seulement de magnifiques pièces y ont été frappées, mais c’est aussi là que Nicolas Copernic est né en 1473. Il s’est bien sûr fait connaître pour ses recherches en astronomie. Mais ceux qui s’intéressent à l’histoire de la monnaie savent qu’il rédigea en 1522, pour le Landtag de Prusse, un mémoire sur la monnaie et la circulation monétaire. Ce document est remarquable. Il y décrit, bien avant Sir Thomas Gresham – qui a donné son nom à la loi de Gresham –, le fonctionnement de cette dernière.
Livres de la bibliothèque de l’université Nicolas Copernic
Dans cette exposition, le fils aîné de Thorún ne joue exceptionnellement aucun rôle. À sa place, ce sont les grands antiquaires et numismates, à l’origine de notre science, qui occupent le devant de la scène. Sous le titre « Two Sides of the Same Coin : Numismatic Antiquarianism of the 16th – 18th Centuries as reflected in Old Prints and Ancient Coins », 28 ouvrages majeurs des débuts de la numismatique sont exposés au musée universitaire de Torun, parmi lesquels de nombreuses monographies sur les monnaies antiques.
De Goltz aux premiers catalogues de vente aux enchères
Quiconque connaît la littérature numismatique ancienne sait à quel point elle est, pour l’essentiel, magnifiquement illustrée. Les volumes grand format sur la numismatique grecque et romaine, compilés par Hubert Goltz (1526-1583) – peintre plutôt médiocre, mais graveur de cuivre brillant –, étaient par exemple particulièrement célèbres. Certains d’entre eux sont exposés à Torún. Ils remplissaient pour les premiers collectionneurs de monnaies la même fonction que les RIC et BMC pour nous aujourd’hui : les catalogues de Goltz permettaient d’identifier ses propres pièces. Son ouvrage (extrêmement imaginatif) sur la numismatique grecque, en particulier, était à son époque l’outil le plus important pour l’identification des monnaies grecques.
Des ouvrages de Charles Patin (1633-1693) et de Louis Jober (1637-1719), ainsi que des premiers catalogues de ventes aux enchères numismatiques du XVIIIe siècle, sont également exposés.
Ils sont complétés par 76 pièces et médailles antiques du début de l’époque moderne. Pièces et livres : pour les premiers collectionneurs et antiquaires, ils allaient de pair, tout comme les deux faces d’une pièce, ce à quoi fait référence le titre de l’exposition.
Un catalogue d’exposition rédigé par Bartosz Awianowicz
À l’occasion de l’exposition, Bartosz Awianowicz a rédigé un catalogue. Il peut être commandé au prix de 120 zlotys + frais de port (environ 28 euros).
Texte et images : Ursula Kampmann
